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jeudi 11 août 2016
Stella Matutina
Nous laissons les randos de côté pour quelques jours et optons pour des escapades culturelles ! Cap sur Saint-Leu pour visiter Stella Matutina, une ancienne usine sucrière transformée en musée en 1991. Le musée et le site ont été totalement réhabilités en 2011, tout semble neuf et design. J'ai... adoré ! Arrivées à l'ouverture à 10h et reparties à 15h30, nous n'avons pas eu le temps de tout faire, ou en tout cas pas comme nous l'aurions souhaité. Le site est immense !
Le parcours de la visite est très bien pensé. La première partie du musée retrace l'histoire du sucre et de l'île Bourbon. Il aborde les étapes de la fabrication du sucre, en parallèle de l'histoire de la colonisation, car la Réunion a été -et est toujours- une grande productrice de sucre de canne. On découvre toutes les stratégies commerciales développées par la Compagnie des Indes au 18ème et 19ème siècle concernant le café, les épices, le textile et donc le sucre.
Pour la deuxième partie, tout est centré sur l'usine de Stella. On évolue d'ailleurs dans sa structure, au milieu des machines, des outils et des décors qui l'ont faite vivre pendant toutes ces années. J'aime le côté industriel conservé, on peut s'attendre à voir les machines fonctionner à nouveau car tout est resté à sa place. L'âme de la bâtisse se ressent, on touche du doigt l'atmosphère stricte, éreintante, bruyante... Si j'ai quelque peu survolé les explications sur le fonctionnement des engins, j'ai lu tous les témoignages des employés, la description de leurs journées, de leurs conditions de travail et de leurs révoltes.
La troisième partie, plutôt inattendue, est certainement notre favorite. Elle est entièrement centrée sur la Réunion, et plus particulièrement sur sa population. La vie quotidienne des réunionnais est dépeinte dans tous ses détails ; cuisine, musique, religion, médecine, et ce du 19ème siècle à nos jours. Les thèmes de l'esclavagisme et de l'engagisme sont abordés et j'en suis ressortie moins bête ! Stella Matutina fait partie des musées incontournables de la Réunion et j'ai bien compris pourquoi.
Mention spéciale à l'expo temporaire sur Tromelin, une île déserte sur laquelle ont été abandonnés des esclaves malgaches. Le navire marchand qui les transportait s'y est échoué en 1761. L'équipage réussit à repartir mais, "faute de place", les esclaves sont laissés sur l'île et doivent alors s'organiser pour survivre. L'expo retrace toute l'histoire de ce voyage périlleux, du naufrage, mais surtout de la survie de ces esclaves qui ont tenu tant bien que mal sur ce banc de sable... pendant 15 ans !
Mention spéciale à l'expo temporaire sur Tromelin, une île déserte sur laquelle ont été abandonnés des esclaves malgaches. Le navire marchand qui les transportait s'y est échoué en 1761. L'équipage réussit à repartir mais, "faute de place", les esclaves sont laissés sur l'île et doivent alors s'organiser pour survivre. L'expo retrace toute l'histoire de ce voyage périlleux, du naufrage, mais surtout de la survie de ces esclaves qui ont tenu tant bien que mal sur ce banc de sable... pendant 15 ans !
Maquette du débarcadère de Saint-Denis, devant le siège de la Compagnie des Indes :
Les premières cuves, qui servent à purifier le sirop de canne et à le cristalliser par cuites successives :
Premier aperçu de l'usine, au dernier étage :
La pesée de la canne. Les agriculteurs amènent leurs cannes : elles sont pesées, et le taux de sucre est mesuré. Ils reçoivent une rémunération en fonction du poids et du taux de sucre de leur chargement. Les cannes sont ensuite regroupées puis chargées dans les "cachalots" avant d'être acheminées vers l'usine la plus proche.
La fameuse charrette que l'on voit sur les bouteilles de rhum :
L'ancien coffre-fort de l'usine :
Les petits panneaux sympathiques, plaqués partout dans l'usine... Ça pose l'ambiance :
Une jolie collection :
Machines à soda :
Dessin de Yvonne Jean-Haffen, pour mon papa ! :
Les huiles de machines :
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