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mercredi 17 août 2016

Mafate, 4ème jour : Marla > Col des Boeufs

Quatrième et dernier jour au cœur de Mafate. Le réveil est toujours un peu difficile, seulement cette fois-ci ce n'était ni à cause du coq ni à cause des ronflements, mais au contraire parce que le gîte était super confortable ! Pas envie de quitter sa couette. De plus, le temps n'est pas terrible et le ciel est plutôt "bouché". C'est d'ailleurs la raison pour laquelle cet article n'est pas très fourni en photos ; il a plu très fort sur toute la deuxième moitié du sentier ! Et à la Réunion, la pluie ne fait pas semblant... Nous avons été plutôt au sec au départ de Marla, jusqu'à la Plaine des Tamarins. Mais après ça... Ce fût comme une faille spacio-temporelle ouverte sur l'Irlande ! Un sol détrempé, des arbres pliés par le vent, une pluie diluvienne... Ce n'était pas pour me déplaire, le paysage était toujours aussi beau. Mais bien entendu, pour les photos ce n'était pas approprié du tout. 

Le dernier gros obstacle du sentier fût le passage du Col des Bœufs. Mais l'ayant déjà grimpé par le passé, il ne me faisait plus peur ! Il s'agit en fait du "rempart" en bordure du cirque. Il est déjà difficile à monter quand il fait beau, mais alors quand il pleut... Les marches s'étaient transformées en cascade et disparaissaient sous la boue. Mieux valait le monter que le descendre finalement, car par ce temps la randonnée devient vite dangereuse. 

Encore un dernier effort pour rejoindre la voiture, toujours dans le brouillard et sous une pluie battante, et voilà la boucle bouclée ! Cette rando confirme mon attachement à Mafate, à son atmosphère si particulière, à son retrait de la civilisation. La pluie n'a en rien entaché mon plaisir de crapahuter dans la montagne ; au contraire, elle a offert au paysage un aspect inédit pour moi. Le fait d'avoir étalé la marche sur quatre jours a renforcé le côté "inaccessible" du cirque, j'ai pu me plonger à fond dans la rando avec la sensation de me déconnecter complètement...




L'élevage de cerfs de Marla :


Les vaches mafataises :




Dernier paysage avant la tempête :


Mafate, 3ème jour : Roche-Plate > Marla

Le soleil est au beau fixe pour ce troisième jour à Mafate mais la courte nuit rend le début du sentier un peu laborieux. On m'a ronflé dans l'oreille touuute la nuit à un décibel pas possible... J'en avais tellement marre que je me suis même levée en pleine nuit, couette sur les épaules, pour aller regarder les étoiles ! Réveil difficile donc, et les premiers kilomètres sont rudes. Mais comme toujours, le paysage est à couper le souffle. Nous longeons le rempart de Mafate, le Maïdo. J'avais l'habitude de le voir de loin, immense et majestueux, mais l'escalader c'est autre chose. Ce mur gigantesque rend le sentier unique et j'en étais presque intimidée. On se sent tellement minuscule dans Mafate...

Nous redescendons vers Trois Roches, un lieu bien connu des randonneurs car il se situe au croisement de plusieurs sentiers et tout le monde s'y arrête pour manger ou se baigner. Il faut dire que le coin est tellement beau et paisible qu'il constitue un spot parfait pour se reposer. Nous nous baignons avec plaisir sous un soleil de plomb ! Puis, après un bon pique-nique, nous repartons vers Marla. 

Comme d'habitude, toute descente doit fatalement se remonter ! Et effectivement, nous grimpons toute la dernière partie du sentier dans la rocaille. Au loin, nous apercevons des petits points mouvants le long de la roche... Des cabris sauvages ! La facilité avec laquelle ils sautent de rocher en rocher sur des pentes verticales me rend un peu jalouse. Ceci dit, ils ont de sacrés muscles... eux !

Nous atteignons Marla en fin d'après-midi et devons traverser tout le village pour trouver notre gîte. Marla est toujours aussi belle. Coincée dans les montagnes, au pied du Maïdo, elle a su garder son authenticité malgré les nombreux gîtes qui grandissent et se multiplient d'année en année. Au milieu des touristes, on croise les mafatais, les gîteurs qui portent leurs bouteilles de gaz sur le dos, les enfants qui jouent dans les champs, les paysans au milieu de leurs cerfs... C'est magique, dépaysant. Et, comble de joie, notre gîte est un vrai palais ! Grande chambre pour nous toutes seules, toilettes privatives, grosses couettes confortables et... douche chaude ! Les gîteurs de Marla doivent sans cesse améliorer leurs gîtes et faire face à une concurrence rude. Notre bungalow sentait encore le neuf !


Petite chapelle :


Le Bronchard, à droite :



Sentier qui longe le Maïdo :




Escalade sur le rempart :





Secouage de mât de choka :


Trois-Roches :






Les cabris sauvages :







Vue du gîte :



Les hauteurs de Marla :



Drôle d'endroit pour faire un nid :


Mafate, 2ème jour : Cayenne > Roche-Plate

Réveil de bonne heure pour ce deuxième jour à Mafate ! Le coq a hurlé à notre porte à 3 heures du matin... Pas vraiment réglée la bestiole. Le temps n'est pas folichon mais au moins il ne pleut pas, et la fraîcheur est plutôt la bienvenue vue les montées difficiles que nous avons à faire. Le début du sentier se fait sans encombre, tout en descente, et nous offre un magnifique passage dans la jungle verdoyante. Après quelques heures de marche, nous nous offrons une baignade revigorante dans la rivière. Depuis le temps que je me baigne dans la Manche... Même pas peur !

La deuxième partie du sentier fût la plus hard de tout le voyage. Car il y a une règle phare en randonnée... Tout ce qui se descend doit se remonter un jour ! Or, si la descente était longue et tranquille, la montée vers Roche-Plate fût courte et très raide... Nous avons croisé des jeunes filles en pleurs, exténuées, ainsi que... le facteur de Mafate ! J'aime toujours croiser les mafatais sur les sentiers. Ils ont des petites chaussures, parfois ils sont en tongs. Et ils ont toujours l'air d'être frais, un grand sourire aux lèvres... Alors qu'on est en sueur et qu'on peine à lever la jambe !

Nous avons choisi de faire la majeure partie de la montée avant de pique-niquer en plein milieu du sentier. Puis, une fois nos forces reprises, nous sommes arrivées au Bronchard. Situé à côté de Roche-Plate, le Bronchard est un petit piton dont le sommet est relativement plat. Il est doté d'un grand intérêt historique car, offrant un formidable point de vue sur le cirque, il servait à l'époque de poste de gué aux marrons au fuite... Ainsi qu'aux chasseurs d'esclaves. On trouve encore aujourd'hui des traces d'habitations au sommet. Et, histoire insolite, Toupette avait trouvé il y a deux ans un morceau d'assiette enfoui dans la terre, datant probablement du 19ème siècle. Malheureusement, elle l'avait perdu dans les broussailles et avait abandonné les recherches... Mais, ô grande chance, le morceau d'assiette fût retrouvé cette année !! Bout de trésor ? Peut-être bien !

Après ce détour par le Bronchard, nous arrivons à Roche-Plate et entamons notre deuxième nuit au cœur de Mafate. Manque de bol... Après le coq, ce furent les ronflements de notre voisin de chambre qui nous empêchèrent de dormir correctement. C'est ça le charme unique des gîtes de montagne ; partager une petite pièce à six ou huit, entre les chaussettes qui puent, les lits-superposés qui grincent, les prouts nocturnes et les ronflements !! 



Au revoir Cayenne ! :








Descente jusqu'à la rivière :





La normande et la créole... une à l'aise et l'autre pas ! :



Un plongeon ? :




Un éboulement récent... Pas très rassurant :


Notre vue pour le pique-nique :


La Normandie à la Réunion ! :


Un petit nid de guêpes :


L'apéro, une fois arrivées au gîte ! :


Vue du gîte :



Le gîte lui-même (photo prise le lendemain matin) :



Le fameux bout d'assiette... Trésor ou pas trésor ? :